Et si on arrêtait de catégoriser les émotions ?

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Emotion positive ou négative?

J’entends de nombreux professionnel.les de l’accompagnement parler d’émotions « positives » et d’émotions « négatives », comme si d’un côté il y avait la joie merveilleuse et de l’autre côté les méchantes peur, colère et tristesse.

Vous avez déjà entendu ça : d’un côté la joie (amour, confiance, bonheur, satisfaction, …) et de l’autre le package peur (angoisse, crainte, inquiétude, …), colère (agacement, exaspération, agressivité, …) et tristesse (chagrin, spleen, abattement, …). Pourquoi, alors que nous sommes des professionnel.les de l’inconscient, devrait-on subir cette croyance ? Où est-donc passé notre esprit critique à ce sujet ? Pourquoi céder aux sirènes binaires des émotions «bonnes» ou «mauvaises» ?

La peur est-elle si mauvaise conseillère alors qu’elle nous signale qu’il y a un danger ? La colère est-elle si destructrice alors que cette agressivité peut nous sortir de situations dangereuses? La tristesse est-elle si funeste alors qu’elle nous permet de passer à autre chose ? Ne font-elles pas toutes parties d’un même système qui lui n’est ni bon, ni mauvais mais à l’égal de la nature, il « est », tout simplement ?

En tant que praticien.ne en hypnose, nous connaissons bien le pouvoir des mots et l’importance des suggestions ; donc vous savez que si vous parlez « d’émotions négatives » à vos client.e.s vous émettez une suggestion et un jugement envers ces émotions. 

Voir les émotions autrement?

Pourrions-nous voir les émotions autrement ? Et comment aider nos accompagné.e.s à mieux les gérer ? Voici quelques propositions :

  • Considérez d’une manière neutre toutes les émotions. Elles appartiennent à un même fonctionnement, elles disent quelque chose de nous et aucune n’est plus importante qu’une autre. La joie n’est pas supérieure à la tristesse. La tristesse n’est que la prise de conscience de l’absence de joie et la joie n’est que la fin de la tristesse (vous avez le droit de relire cette phrase plusieurs fois). Par exemple : être triste d’un départ c’est prendre conscience de la fin de la joie que l’on ressentait au contact de cette personne. Alors que la joie d’une retrouvaille c’est la fin de la tristesse de l’absence de cette personne.
  • Arrêtez de parler de « contrôle » : on ne contrôle pas les émotions, on les gère, on négocie avec, on les éduque,  on leur laisse de l’indépendance, comme n’importe quelle partie inconsciente.
  • Connaissez les messages de chacune d’elle : la peur veut dire « attention danger », la colère  « on ne touche pas à mes valeurs », la tristesse  « je comprends que quelque chose est finie », la joie quant à elle est produite automatiquement par notre cerveau, quoiqu’il se passe dans notre vie, elle reviendra toujours, c’est notre état de stabilité. 
  • Apprenez à différencier une émotion simple et réactionnelle qui s’exprime naturellement (par exemple : un petit trac avant une conférence) d’une émotion limitante et anticipante (par exemple : ne pas oser faire de conférence par peur d’être jugé.e).
  • Connaissez le lien qui existe entre les émotions et les souvenirs : les souvenirs sont des réservoirs à émotions que le cerveau stocke comme base de connaissance du monde. Un traumatisme est donc une réserve d’émotions « enfermées » dans un souvenir, on peut aider notre accompagné.e à les laisser sortir quand cela est nécessaire. 
  • Soyez au clair avec vos propres émotions, connaissez-vous, expérimentez, fouillez, cherchez… Quitte à se faire superviser et accompagner.

Métaphore du torrent

Voici une métaphore que j’utilise souvent en séance : 

« Vous êtes une montagne sur laquelle coule des ruisseaux d’émotions, parfois certains sont comme des torrents et cela fait beaucoup d’émotions à gérer en une seule fois. Mais chacun de ses ruisseaux mérite votre attention, ils sont tous utiles au fonctionnement de votre écosystème. Seulement il arrive que l’on construise des barrages, par peur que ses ruisseaux deviennent des torrents. Mais qu’est ce qui se passe quand on construit des barrages ? On accumule de la pression, des tensions et le jour où ce barrage lâche, ce n’est plus un torrent qu’il faut gérer mais un raz-de-marée émotionnel qui emporte tout sur son passage.

Est-ce que ça vous dit qu’on fasse un peu de gestion des émotions ? Vous allez-voir qu’après ça, vous allez appréhendez vos émotions beaucoup plus facilement. ».

Au plaisir d’en reparler avec vous, 

Tristan Jeangene Vilmer

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