Des glaces à la fraise qui se baladent dans la rue – Récit de séance d’hypnose

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Céline arrive à mon cabinet.

Je dirai environ 65 ans, quelques difficultés à se déplacer et dans son regard et son bonjour une grande force de caractère, une personne qui va de l’avant malgré les épreuves, qui se relève chaque fois qu’elle va à terre.

C’est ma première impression, hâte de commencer la séance pour savoir si cela se confirme.

Céline m’explique qu’elle vient me voir pour sa phobie des oiseaux, mais surtout des pigeons « parce que – quand même – c’est vraiment moche les pigeons avec leurs petits yeux ronds qui vous fixent là ! ». Elle me précise d’ailleurs que mon cabinet est mal situé parce qu’elle a dû adapter son trajet suivant les différents trams pour éviter les arrêts où il y a le plus de pigeons. Et comme elle a du mal à marcher, j’aurais pu mettre mon cabinet ailleurs.

C’est dit avec humour, mais c’est dit quand même… Avec un éclair de malice dans les yeux.

Je confirme mon intuition : un bon caractère.

Vu qu’elle est déterminée et qu’elle est là pour réussir… bien sûr qu’elle va aller facilement en état d’hypnose. Et je n’ai quasiment rien à faire, juste à la guider un peu et à approfondir. Sensation très agréable pour elle de se rendre compte qu’elle peut contrôler avec douceur et légèreté.

Une belle transe s’installe, accompagnée d’une relaxation musculaire qui semble bien contente de pouvoir s’exprimer. Le tremblement de ses mains s’arrête.

Je l’emmène sur différentes pistes et rebondit régulièrement, elle s’approprie très vite l’outil et en comprend les mécanismes.

Comme pour beaucoup de phobies, la séance que l’on crée ensemble est teintée de submodalités, alors quand je cale une futurisation au milieu du process pour voir où on en est ?

Les pigeons sont remplacés par des glaces à la fraise bien entendu, c’est évident. Et ça la fait beaucoup rire. Rappelez-vous de Bandler qui disait « Dès que vous arrivez à rire de quelque chose, vous êtes en mesure de le changer ».

Malgré ces glaces à la fraise ? Il reste tout de même quelques pigeons qui ne sont toujours pas sympas. Je note tout de même une belle évolution et lui fais remarquer, car elle est maintenant capable de se balader dans un endroit où il y a des pigeons sans avoir de mouvement de recul ni mettre en place un système de fuite ou d’évitement.

À ma question de savoir ce qu’elle veut faire avec les autres pigeons, elle répond qu’elle veut les tuer, les exterminer. Je rentre dans le jeu en mode thérapie provocatrice et lui donne un fusil pour tous les exploser et faire gicler le sang et les plumes partout jusqu’à ce qu’il n’en reste aucun et que le quartier soit entièrement dégoulinant de sang.

« Non, mais, je ne veux pas vraiment les tuer ces pauvres bêtes » (yes, one more point !) « Mais quand même, ils ne me plaisent pas ».

On se retrouve un peu dans une impasse. Ça va mieux, mais impossible d’aller plus loin avec l’approche des Submodalités. Je décide d’approfondir à nouveau l’état d’hypnose et la sature ensuite avec l’injonction : Votre inconscient vous propose maintenant d’être dans l’endroit le plus paradisiaque au monde pour lui. C’est où ? C’est quoi ? C’est comment ?

Céline voit des falaises et de l’eau, mais après lui avoir demandé, elle ne peut pas marcher dans l’eau, car elle voit ça de très haut.

Elle se rend alors compte qu’elle vole… qu’elle vole comme un oiseau… et qu’elle vit un magnifique moment de liberté comme elle n’en a pas plus eu depuis son enfance … depuis qu’on lui à « retiré cette liberté » (Ce sont ces mots. Le terme de liberté est souvent revenu tout au long de la séance… pas d’enfance difficile, mais une enfance loin de ses parents 6 mois par ans depuis l’âge de 2 ans. Des parents aimants, mais absents de par leurs engagements professionnels. Une pension très agréable avec des gens charmant « mais qui ne sont pas mes parents ». Accompagné de sentiments d’abandons, d’incompréhension et d’injustice dont elle a déduit par analyse qu’elle n’avait pas le droit d’être comme les autres, de profiter, d’être libre).

Elle m’explique qu’elle vivait exactement ces moments de liberté quand elle avait 4 ans et qu’elle s’amusait à imaginer qu’elle était un oiseau (autohypnose ? ah bon ? naaaannn c’est compliqué l’autohypnose normalement… 😉 ).

Elle se sent magnifiquement bien.

Je sens que la séance a dérivé sur autre chose alors, comme elle ne les évoque plus, je choisis de ne pas lui reparler des pigeons. Pendant qu’elle le vivait, j’ai fait beaucoup de liens entre sa liberté, le moment de bonheur qu’elle vit et ce pour quoi elle était venue.

J’ai confiance en elle et en ses capacités, les pigeons ne seront sûrement jamais ses meilleurs amis, mais un truc me dit qu’elle les remarquera beaucoup moins à partir de maintenant.

(crédit photo : <a href=’https://www.freepik.com/photos/food’>Food photo created by Racool_studio – www.freepik.com</a>)

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