Ne vous prenez pas au sérieux

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« Un brin de folie égaye la vie »

Proverbe danois.

Durant ma carrière d’hypnothérapeute, j’ai accompagné beaucoup trop de personnes qui avaient souffert, ou qui souffraient encore, de relations « toxiques ».

Rabaissement, mépris, humiliation, manipulation, violences mentales, verbales ou physiques, les relations toxiques peuvent se manifester de bien des manières. Mais elles ont toutes un point en commun : (au moins) l’un des contributeurs à la relation se prend beaucoup trop au sérieux.

A partir du moment où l’autre prend conscience de cela et décide, peu à peu, de s’émanciper de cette relation, il se met à mobiliser un vocabulaire spécifique pour désigner les vices de son « bourreau » : perversion narcissique, sociopathie, égo surdimensionné, etc.

Ces termes, que l’on entend très souvent, en tant qu’hypnothérapeute, sont parfois utilisés justement, mais parfois aussi à tort, car la bulle Internet les a popularisé en les simplifiant – souvent à l’extrême – jusqu’à les éloigner de leur définition initiale. Mais je laisse le soins aux exégètes du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de trancher la question, car, à mes yeux, peu importe l’étiquette employée pour désigner ces personnes, ce que je retiens, surtout, c’est qu’elles manquent cruellement d’humour et d’auto-dérision : elles se prennent beaucoup trop au sérieux, et, par voie de conséquence, accordent beaucoup trop d’importance aux choses qui les concernent, au détriment de celles qui concernent les autres.

Du point de vue de la psychologie archétypale, ces personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux, souffrent de ce que l’on appelle une monocentrisation psychique. Cela signifie que leur psyché est dominée par un seul ou une petite poignée d’archétypes ; tous les autres archétypes étant alors refoulés, condamnés, et transférés sur les catégories d’individus que les personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux n’aiment pas. Car oui, les personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux ont des avis très tranchés sur beaucoup de questions et ils détestent beaucoup de catégories de personnes (sans se douter que ce sont des parties d’elles-même qui leurs posent problème, en réalité, et non d’autres êtres humains).

Le fait de se prendre trop au sérieux n’est donc pas un trait de caractère inné ; il s’agit d’un déséquilibre qui s’installe progressivement, pour x ou y raisons (culture, éducation, accidents de vie, etc.), dans la psyché.

Joffrey Dachelet est heureux

La bonne nouvelle, par conséquent, c’est que cela se soigne. La mauvaise nouvelle, malheureusement, c’est que les personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux se prennent trop au sérieux pour faire une thérapie, et que, de ce fait, nous ne les voyons pour ainsi dire jamais dans nos cabinets. Car les personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux pensent que les thérapies sont faites pour les faibles ou les malades – ce qu’elles ne sont pas, que diantre ! – et qu’il est hors de question d’étaler sa vie – si précieuse et unique – devant un charlatan qui profite de la misère des autres. Car oui, quand je parlais des catégories d’individus que n’aiment pas les gens-qui-se-prennent-trop-au-sérieux, nous autres, thérapeutes, en faisons souvent partie.

Le seul rôle social que nous pouvons donc jouer, en tant qu’hypnothérapeutes, c’est d’aider nos patients qui souhaitent s’émanciper de personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux à le faire (ce qui n’est pas toujours chose aisée, car l’emprise mentale des personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux est souvent puissante), et à leur donner les bons conseils pour ne pas retomber dans le même filet, une fois la chose faite.

« Mais comment faire pour savoir si une personne est à éviter ? » me demande-t-on souvent.

La réponse est simple : fuyez les gens qui sont incapables d’autodérision, qui se vexent pour un rien et qui n’acceptent pas la critique. Car se sont là les traits communs de toutes les personnes-qui-se-prennent-trop-au-sérieux et qui font (et ont fait) souffrir tant d’individus de par le monde. Chassez-les définitivement et catégoriquement de votre vie, ne les laissez pas avoir la moindre possibilité d’influence sur votre quotidien. Et, surtout, ne vous laissez pas embobiner par leurs « bons côtés » (Hitler, qui était une personne-qui-se-prend-trop-au-sérieux, avait aussi de bons côtés – il était végétarien, aimait la peinture et les arts, et était fan des films de Disney et de Charlie Chaplin : vous voyez, ce n’est pas un argument valable), car ce ne sont que des leurres, et ils n’équilibrent aucunement la balance. Votre vie est mille fois trop courte pour que vous vous entouriez de personnes néfastes qui vous feront perdre du temps, de l’énergie, de l’estime de vous et du bonheur…

Et, de votre côté, afin de vous assurer de ne jamais devenir ce genre de sinistre individu, cultivez-en vous, toujours, une étincelle de folie ; riez de tout mais surtout de vous-même ; faites le zouave ; des grimaces devant le miroir ; ne vous prenez pas au sérieux ; acceptez de vous remettre en question lorsque c’est justifié ; respectez toujours autrui (ce qui ne veut pas dire que vous devez tout accepter de lui : vous avez le droit d’avoir vos opinions et vos combats ; mais faites en sorte que ceux-ci se manifestent contre des idéologies ou contre des choses, jamais contre des individus donnés) ; et recevez toujours la critique comme un cadeau, car c’est ce qu’elle est lorsque l’on a appris à l’accueillir. Votre vie n’en sera que plus resplendissante, d’une chaude et vive lumière qui éclaboussera d’étincelles de joie, d’humanité et de réconfort celle des autres.

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