Restaurer la magie de l’hypnose

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Un de mes passe-temps, c’est de pratiquer la magie des cartes. Quand je dis magie, il s’agit surtout de répéter certains gestes techniques pendant des heures, un nombre de fois illimité. Comme pour beaucoup d’autres choses, la répétition permet d’acquérir des automatismes.

Un tour de magie, c’est 99% de préparation et 1% de présentation. Avec le geste parfait, c’est-à-dire automatique, il suffit de capter l’attention du public avec le regard et le discours pendant que les mains travaillent de façon autonome. Le spectateur n’a aucune idée de la masse de travail que ça représente. Ca paraît facile, et même trop facile.

Il s’agit de montrer quelque chose d’impossible, et pourtant on le constate. La carte perdue réapparaît à volonté sans qu’on sache comment. On sait qu’il y a un truc, mais tant qu’on ne connait pas le truc, il reste un doute.

C’est pour cette raison que la première règle en magie, c’est de ne jamais expliquer un tour après l’avoir présenté. C’est décevant pour le spectateur.

L’hypnose et la magie

En hypnose, la magie est toujours présente. Depuis des siècles, il y a eu une accumulation de croyances, de clichés et de préjugés qui lui ont donné cette image sulfureuse, dangereuse, transgressive.

L’hypnose fascine. Elle fait peur.

Comme la quasi-totalité des praticiens aujourd’hui, j’ai essayé de lutter contre ces croyances que je considérais comme fausses et négatives. Bien qu’on m’ait enseigné à utiliser les croyances du client, je faisais du recadrage.

On ne dort pas en hypnose. On est lucide, conscient, maître de soi-même. Ca n’a rien de magique.

Vraiment?

Et tout au long de mon apprentissage, j’ai appris que les gens sont attiré par l’hypnose justement parce qu’elle leur fait peur. Se faire hypnotiser est une initiation.

On peut développer un discours hypnotique minimal en travaillant sur les auto-suggestions.

En présentant le processus de manière schématique, il s’agit d’exploiter les liens logiques du sujet.

Hypnose = impossible = si ça existe alors la magie existe = il y a un espoir pour moi

Qu’il en soit conscient ou non, le client est influencé par les clichés encore véhiclués aujourd’hui dans les conteus audiovisuels et la littérature, le spectacle, etc..

L’hypnotiseur, c’est la personne qu’on va voir en dernier recours, quand on n’a plus rien à perdre.

Expliquer l’hypnose?

Dans l’idéal, il convient d’aborder la session d’hypnose formelle à partir des représentations de la personne.

Par exemple: “Qu’est-ce que c’est, pour vous, l’hypnose?”

C’est ce qui me tient lieu de discours préliminaire (pretalk) pendant mes sessions. La personne m’explique sa représentation de l’hypnose, j’écoute et je balaye toutes les questions qui peuvent suivre avec des suggestions non spécifiques.

Par exemple: “Je ne sais pas quelle est la nature de l’hypnose. Tout ce qu’on en connait aujourd’hui, c’est que ça existe”

“Qu’est-ce que l’hypnose, est-ce que c’est efficace? Peu importe. La vraie question, c’est est-ce que ça fonctionne pour vous”

Dans cette optique, le principe est de toujours en dire le moins possible. Le praticien a une présence discrète. Son rôle est de se conformer aux projections de son client et de créer un contexte qui valide ses auto-suggestions. Par exemple, il suffit de laisser trainer un pendule sur son bureau ou/et de regarder la personne droit dans les yeux pendant l’entretien préliminaire, de garder le silence quand la personne se tait, en attendant qu’elle reprenne la parole.

Surjouer avevc la voix et la gestuelle, c’est un excellent système de suggestions. Avec un langage corporel approprié, on n’a besoin d’aucune suggestion que la suggestion d’endormissement.

Merci de votre attention

Emmanuel

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