Ma plus belle séance d’autohypnose

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Cette séance a eu lieu le vendredi 21 décembre 2012, avant même que je n’apprenne l’hypnose. A cette époque, je débutais dans ma pratique de la méditation/autohypnose et je ne connaissais pas encore parfaitement le fonctionnement de mon inconscient. Et si je considère, aujourd’hui, cette séance comme l’une des plus belles que j’ai vécues, c’est parce que, justement, elle m’a donné une clé essentielle dans la compréhension de celui-ci.

En effet, lorsque j’ai vécu cette séance, je venais de passer une semaine de « blocage méditatif » : dès que je débutais mes méditations, mon inconscient m’imposait un imaginaire – une oasis – que je ne parvenais pas à quitter. J’avais beau tout essayer pour sortir de ce lieu, c’était peine perdue : mon inconscient m’y faisait revenir, systématiquement. C’était quelque chose de très déstabilisant à vivre pour moi qui pensais encore, à cette époque, que j’avais le contrôle sur mon imaginaire… (pauvre sot que j’étais!).

Mais le message de mon inconscient était clair : « Non, ce n’est pas toi qui a le contrôle ici ; ici, c’est MON domaine et c’est moi qui choisis de ce qui s’y passe ! ». Au bout de plusieurs jours d’usure, j’ai fini par entendre ce message et l’accepter. Aussitôt, tout s’est mis en route : mon exploration de l’inconscient a enfin pu débuter et j’ai vécu un incroyable voyage initiatique, quasi-alchimique de par sa symbolique riche et ésotérique, comme vous pourrez le voir.

J’ai appris, depuis, à tenir en estime mon inconscient et celui des autres, et à toujours me conformer à leurs exigences. Je n’ai plus de blocage imaginatif depuis longtemps, car j’ai appris à dialoguer aisément avec mon divinum ingenium et à en faire un ami précieux ; mais lorsque cela se produit chez l’un de mes patients, en séance, je sais, grâce à cet apprentissage, qu’il est inutile de forcer les choses, et que la meilleure des stratégies à adopter, dans cette situation, est de patienter, tout simplement, et de laisser l’inconscient se manifester par lui-même – ce qui se produit assez rapidement, lorsqu’on le laisse venir à nous et qu’on ne fait rien.

Je partage maintenant cette séance d’autohypnose avec vous. Je l’avais consignée dans mon journal personnel – un journal de près de 600 pages, maintenant, dont la plupart concerne mes explorations intérieures ! Puisse la lecture vous en être plaisante.

La séance d’autohypnose

[extrait de mon journal personnel, entrée du 21 décembre 2012]

J’étais bloqué en auto-hypnose depuis plusieurs jours : impossible de sortir de cette oasis. A chaque fois que j’essayais, ma vision se troublait, je revenais au centre de l’oasis ou bien encore je m’assoupissais et ne me souvenais guère de grand-chose.

J’ai alors décidé de laisser l’imagination venir à moi (plutôt que de tenter en vain d’aller vers elle). J’ai donc imaginé que je m’asseyais en bordure de cette oasis, contemplant le désert. Et j’ai attendu.

Au bout de quelques temps, j’aperçois une créature qui s’approche. C’est une sorte de gobelin, pas très aimable, qui porte un gros sac sur le dos. Il me dit s’appeler « Snörk ». Son sac contient des ossements humains « ceux des voyageurs qui se sont perdus en ces lieux » me confie-t-il. Je lui demande comment faire pour quitter cette oasis et il me dit « Tu dois suivre l’étoile de l’Est. »

Je monte alors sur le dos de Gerfaut, mon chameau, et nous partons en suivant cette étoile qui pointe au dessus de l’horizon.

Après un certain temps de voyage, nous voyons une grande tempête de sable se lever. Mais je remarque que les sables forment le contour d’un géant. Celui-ci me dit :

« Je suis le champion du dieu Shamash [note : Shamash est le dieu du soleil chez les anciens Mésopotamiens]. Tu dois m’affronter si tu veux aller plus en avant. »

J’accepte le défi et il se jette sur moi. Le combat est ardu. J’évite les projections de sable plus que je me bats réellement.

Je suis en train de perdre, mais à un moment, sans trop savoir comment je fais, je parviens à faire remonter de l’eau depuis les profondeur de la terre, par la simple force de mon esprit.

L’humide rencontre le sec. Le sable s’en trouve agglutiné au sol et le géant, au bout d’un moment, ne parvient plus à se mouvoir. Il se déclare vaincu :

« Très bien, tu as gagné. Continue en direction de l’Est. Un peu plus loin il y a une grande cité. Là, tu trouveras la grande prêtresse de Shamash. Elle attend ta venue. »

Je me remets en route et, effectivement, j’arrive rapidement à une grande cité dans un style très akkadien [une civilisation paléo-babylonienne]. Celle-ci déborde de vie : ils y a partout des marchands, des prêtres, des prostituées sacrées, des artisans, etc.

Au centre se trouve un grand temple, de la forme d’un ziggourat [pyramide mésopotamienne]. J’y pénètre. A l’intérieur se trouve la grande prêtresse de Shamash. Elle est assise sur une haute estrade. Elle est toute vêtue d’un grand voile rouge qui cache son visage : on ne voit que ses deux yeux, perçants et froids mais magnifiques. Il y a aussi des bijoux de bronze agrafé à son voile. Un grand et imposant homme noir monte la garde à ses côtés. Il s’avance vers moi et me dit « As-tu apporté une offrande pour la prêtresse ? » « Non, lui dis-je, je n’ai rien. » « Alors tu devras donner tes doigts. » Et aussitôt il prend son sabre et me tranche les cinq doigts de la main gauche. Mais cela ne me gène pas, je semble insensible. Il part avec mes doigts. La grande prêtresse me tend alors une bassine d’eau et m’invite à y plonger ma main mutilée. Je le fais. Alors des doigts repoussent ; mais ceux-ci sont translucides. Elle me dit : « Tu as désormais cinq doigts de « l’autre-monde » : ils te serviront à écarter les voiles qui séparent les différents mondes. Fais-le maintenant ! »

Je m’exécute et, en me concentrant sur cette idée de « percer le voile des mondes », je trace un trait dans les airs, face à moi. Puis, je place mes mains de chaque côté de ce trait et j’écarte alors la réalité actuelle, ouvrant une porte sur un autre monde.

Je m’engouffre dans cette brèche mais, à ce moment, je me rends compte que la porte que j’ai ouverte donne dans les airs ! Criant de surprise, je chute d’une hauteur de 20 mètres avant de tomber dans les eaux d’un lacs gigantesque.

Un peu sonné, je remonte tant bien que mal à la surface et je découvre que ce lac n’est autre que celui dont j’avais rêvé quelques mois auparavant, un grand lac rectangulaire, secret et mystérieux, entouré de ruines et de pentes boisées.

A ce moment, je comprends que je dois me laisser couler. Je dois atteindre le fond du lac et peut-être y mourir. Un sentiment de fatalité assez reposant en réalité. Je cesse donc de nager et laisse une force invisible et douce m’aspirer vers le fond de ce lac.

Mais celui-ci semble sans fin. Je descends de plusieurs kilomètres il me semble et la clarté de l’extérieur comment à s’estomper.

L’obscurité croissante me fait bientôt peur. Je commence à paniquer et je veux, à un moment, remonter à la surface. Mais alors, des anguilles géantes, venues des tréfonds du lac, surgissent des eaux les plus sombres et se jettent sur moi.

Elles déchiquettent mon corps et me démembrent. Mais, curieusement, je ne souffre pas. Au contraire, je me sens même libéré de mon corps. Car je suis désormais juste une âme, sans forme particulière, continuant à descendre vers le fond de ce lac qui paraît sans fin.

Je continue encore longtemps à descendre ainsi. Puis, j’ai cette étrange et douce impression d’être désormais dans la vulve d’une femme gigantesque. Je m’y sens en sécurité.

Continuant mon voyage, je me retrouve enfin quelque part dans l’espace, flottant dans ce grand tout originel.

Puis, peu à peu, je vois une lumière se rapprocher. Il s’agit en réalité d’une petite fille de lumière, de cinq ans peut-être. Elle gambade dans ma direction en chantonnant des comptines. Elle arrive à ma hauteur et m’adresse la parole :

FILLETTE : Sais-tu qui je suis ?

MOI : Tu es le chaos.

FILLETTE : Bien, bien, tu m’as trouvée. Maintenant, voilà le deal : ici, les choses sont encore indifférenciée, on peut donc les modeler selon mon bon vouloir. Tu veux changer le futur, le présent ou le passé ? Tadaaam, aucun problème ! Dis-moi ce que tu veux et je te le donnerai. Mais en échange, tu dois m’offrir quelque chose qui est à la hauteur de ta demande. Capito ? Bien, bien. Alors, que veux-tu ?

MOI : [Je censure volontairement cette partie car elle est assez intime].

FILLETTE : Finger in the nose ! (Elle claque de doigts) Exaucé ! Par contre ça va pas être einfach de me trouver un contre-don équivalent. Que me proposes-tu à ton tour ?

MOI : [partie censurée].

FILLETTE : Bien, bien. Ça tient la route. Et ça me convient. Mais je continue à croire que tu n’es pas net dans ta tête, alouette, car ce n’est pas un discours d’humain que tu as là ! Mais bon. Soit ! Marché conclu !

Elle me tend la main, je la lui serre. A ce moment, je suis projeté au centre de l’univers. Je deviens un fœtus. L’univers devient un ventre de chair. Le temps s’accélère. Je renais. Et je revis toute ma vie en accéléré, de ma naissance jusqu’à aujourd’hui.

Jusqu’à me retrouver dans ce fauteuil, en train de méditer toutes ces choses incroyables.

Je sors de transe. Je me sens bien.

Confiant. Incroyablement confiant.

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